Si jamais vous n’avez pas suivi les dernières actualités dramas, les coréens se sont insurgés contre la série Perfect Crown pour des controverses au niveau de l’Histoire coréenne. Au point où des pétitions ont été signées par un certain nombre de personnes dans le pays pour faire enlever le drama des plateformes qui le proposent !
Qu’on soit d’accord ou non avec les arguments des deux partis, ce débat m’a amenée à me poser la question suivante : que nous apprennent les dramas sur l’Histoire, la vraie, de la Corée du Sud ? Est-ce qu’on croit apprendre des faits historiques devant notre écran alors qu’en réalité il ne faut y voir que de la fiction ?
Quel est le vrai du faux dans toutes ces histoires que nous regardons sans modération ?
Je vous explique dans cet article tout ce que vous savez déjà de l’histoire coréenne si vous avez vu ces dramas, toutes époques confondues ! Vous allez voir, vous êtes déjà un vrai K-historien 😉
Les 3 royaumes
Du Ier siècle av. JC jusqu’au VIIe siècle environ, la péninsule coréenne est divisée entre 3 royaumes rivaux :
- Goguryeo 고구려, au Nord, connu comme guerrier
- Baekje 백제, au Sud-Ouest, connu pour son art
- Silla 신라, au Sud-Est, connu pour avoir unifié une grande partie de la Corée
Hwarang
Vous connaissez déjà un tas de choses sur cette période si vous avez vu le drama Hwarang :
Les Hwarang ont réellement existé ! Il s’agissait d’une organisation de jeunes aristocrates du royaume de Silla. Ils recevaient une formation militaire, politique, artistique et philosophique.
De plus, le roi Jin-Heung mentionné dans ce drama a aussi existé !
Vous vous familiarisez également avec le système de classes à Silla, qui était bien réel. Le drama montre l’importance du rang social et de la noblesse, des éléments très importants à l’époque.
Evidemment, le tout est très romancé, comme dans tous les dramas ! Et les costumes sont particulièrement modernisés. Mais vous mettez déjà un pied dans l’Histoire coréenne 😉

Et d’autres
Jumong : raconte la fondation du royaume de Goguryeo. Le personnage principal, Jumong, a vraiment existé selon les chroniques coréennes. Il est considéré comme le fondateur légendaire de ce royaume.
Queen Seondeok : inspiré de la vie de la reine Seondeok qui a réellement régné sur Silla au VIIe siècle. Elle est considérée comme la première reine régnante importante de l’Histoire de la Corée. Cette série montre aussi l’importance des Hwarang.
The king’s daughter Soo Baek-Hyang : se déroule à Baekje au VIe siècle. Le roi Mu-Ryeong et le prince héritier Seong ont réellement existé, et les tensions entre les royaumes sont aussi fidèlement représentées.
Un effort sérieux de reconstitution a été fourni concernant les costumes de ce drama. On y retrouve les influences chinoises dans des robes sobres ainsi que des coiffes et des accessoires inspirés de sources historiques. Il y a toujours une volonté de modernisation, mais on est bien plus proche de la réalité que dans Hwarang !
Goryeo
Scarlet Heart
Le drama légendaire Scarlet Heart, ou Moon lovers, fait parfaitement la transition entre les 2 périodes historiques car il se situe juste après l’unification des 3 royaumes tardifs et l’unification de la péninsule par le royaume de Goryeo.
Cette période de l’Histoire coréenne dure de 918 à 1392, et le nom ‘Corée’ dérive du nom de ce royaume ‘Goryeo’.
Même si une grande partie du drama Scarlet Heart est romancée, vous y découvrirez une vision historique des tensions qui existaient à l’époque entre les régions et les familles nobles suite à l’unification des 3 royaumes.
De plus, la plupart des personnages ont vraiment existé : le roi Tae-Jo (Wang Geon) a réellement fondé Goryeo. Wang Moo également (devenu le roi Hye-Jong), ainsi que Wang Yo (le roi Jeong-Jong) et Wang So (le roi Gwang-Jong). Leurs noms et leurs places dans la succession sont véridiques.
Le personnage de Wang So, qui est celui qui nous intéresse vraiment, a réellement une réputation complexe d’après les chroniques coréennes, comme on le voit dans le drama à travers les yeux de l’héroïne jouée par IU. Il est malgré tout connu pour avoir véritablement renforcé l’autorité royale, réduit le pouvoir des familles nobles et mis en place des réformes importantes.
Les rivalités entre princes pour accéder au trône sont également fondées ! Par contre les costumes sont largement modernisés, bien qu’inspirés de la réalité.

Empress Ki
Comme vous vous en doutez étant donné qu’il s’agit du titre du drama : l’impératrice Ki a réellement existé ! Née à Goryeo au XIVe siècle, elle a effectivement été envoyée à la cour impériale mongole comme tribut, chose qui se faisait à l’époque. Elle a connu une ascension phénoménale au point de devenir impératrice !
Mais l’image qu’elle représente pour les coréens est un peu controversée. Certains historiens lui reprochent d’avoir servi les intérêts de l’empire mongol plutôt que ceux de Goryeo. Ce qui fait qu’elle n’est pas forcément appréciée de tous comme le drama le laisse penser.
L’empereur Ta Hwan a véritablement existé, ainsi que le roi Gong-Min de Goryeo (rappelez-vous bien de ce nom-là pour la suite !).
L’un des aspects les plus fidèles du drama est cette relation complexe avec l’empire mongol, qui avait à plusieurs reprises envahi Goryeo au cours des XIIIe et XIVe siècles. Les costumes sont également considérés comme très fidèles à la réalité, bien que légèrement arrangés pour la télévision.

Faith, the great doctor
Vous l’aurez compris vous-mêmes, le voyage dans le temps, ce n’est pas historique ! Mais rappelez-vous le roi Gong-Min dans Empress Ki : il s’agit du même ! L’action se passe un peu plus tard dans sa vie, ce qui fait qu’on retrouve cette fameuse période où Goryeo tente de retrouver son indépendance après des décennies de domination mongole. Et on le ressent dans le drama à travers toutes les tensions politiques. C’est donc une période historiquement très importante pour la Corée.
Le roi Gong-Min était bel et bien marié à la princesse mongole No-Guk. Cette relation a eu un impact politique important, et, il semble que leur amour soit également un fait avéré. Au point qu’après la mort de la princesse, le roi Gong-Min, dans sa grand tristesse, se soit désintéressé de la politique.
Le général Choi-Young a lui aussi existé. Il est même l’un des personnages les plus respectés de l’Histoire coréenne, pour sa loyauté, son intégrité et ses campagnes militaires.
Goblin
Goblin ? Historique ? Vous voulez rire ?
Non, bien sûr, le fond de l’histoire n’est pas réel ! Mais les flash-backs du passé des personnages principaux se passent à la fin de l’ère Goryeo. Et je trouve utile de le mentionner pour voir la différence qu’il y a esthétiquement avec la période Joseon. Même si les costumes restent encore une fois stylisés, ceux de Goblin sont assez crédibles et nous permettent de voir une vraie coupure dans les styles vestimentaires des 2 époques.

My country : the new age
Ce drama est une magnifique représentation de la période charnière entre Goryeo et Joseon en cette fin de XIVe siècle. Affaibli par les conflits internes, la corruption et les luttes entre grandes familles, on peut observer la chute de Goryeo et les raisons qui l’ont mené à disparaître.
Le général Yi Seong-Gye, personnage historique majeur, prend bel et bien le pouvoir et fonde la dynastie Joseon en 1392. Il devient le roi Tae-Jo (le même nom que le premier roi de Goryeo car il s’agit en fait d’un titre signifiant ‘grand ancêtre fondateur’).
Son fils, Yi Bang-Won a aussi existé et a joué un rôle majeur dans la création de Joseon avant de devenir le roi Tae-Jong. Il est connu pour son intelligence politique, son ambition et son rôle dans plusieurs coups de force, ce qui ressort bien dans le drama.
La violence et l’opposition marquée à la fondation de Joseon est réelle. Les premières années de cette nouvelle dynastie ont vraiment été pleines de tensions, de conflits et de rivalités politiques entre différentes factions.
En revanche, toutes les batailles ne sont pas nécessairement fidèles. Certaines peuvent être amplifiées pour renforcer le côté dramatique, et inversement d’autres sont simplifiées pour mieux servir l’histoire.
My Country a souvent été salué pour ses costumes crédibles, ses armures et son ambiance réaliste. Même la transition vestimentaire est très intéressante à observer.
Six flying dragons
Ce drama se situe à la même période que My Country : à la fin de Goryeo et au début de Joseon. Mais l’accent est davantage mis sur la politique et l’authenticité historique que sur la relation entre des personnages fictifs. C’est une référence incontournable pour qui veut mieux comprendre les fondations de ce pays !
Le drama est très intéressant pour nous permettre de mieux comprendre le roi Yi Bang-Won. Il est considéré comme l’architecte politique de Joseon. Et pour la petite anecdote, il sera le père du célèbre roi Se-Jong, qui a supervisé la création du Hangeul !
Joseon
Tree with deep roots
Ce drama est LA référence pour tout fan de coréen ! Pourquoi ? Parce qu’il se situe pendant le règne du roi Se-Jong (1418 – 1450). Il nous montre donc la création de l’alphabet coréen, le Hangeul (si tu veux en savoir plus sa création, clique ici !).
On y voit la réelle opposition qu’il y a eu face à cette révolution de la part d’une partie de l’élite. Le roi voulait rendre l’écriture accessible à tous, mais tout le monde n’était pas de cet avis… C’est pourquoi le Hangeul a mis si longtemps après sa création pour devenir l’alphabet officiel (et si toi aussi tu veux apprendre à le lire, clique ici !).
D’autre part, le JipHyeonJeon a réellement existé. Cette institution royale est authentique et elle était composée de savants chargés de conseiller le roi.
Under the queen’s umbrella
Cette série ne reprend pas des personnages ayant existé, alors il est difficile de la situer. Mais elle semble inspirée du XVIe ou XVIIe siècle. Et son intérêt historique réside dans la représentation qu’elle fait du quotidien au palais ainsi que l’éducation des princes. On y découvre aussi l’importance de la succession royale.
Toutes les histoires de rivalités au palais et entre les concubines sont également proches de la réalité de l’époque. De même que la pression exercée sur les héritiers du trône.
My dearest
Ce drama est l’un des Sageuks (dramas historiques) récents les plus ancrés dans des évènements réels. En effet, l’histoire se déroule pendant la seconde invasion mandchoue de Joseon en 1636-1637. Joseon essuie une défaite et cet épisode marque profondément l’Histoire coréenne.
Le personnage du roi In-Jo est bien réel, et les chroniques autant que le drama le dépeignent comme un souverain ayant très mal géré la crise de cette époque. Ce qui mène à l’une des plus grandes humiliations de l’Histoire coréenne : la capitulation de SamJeonDo. L’envoi des princes comme otages est également un fait historique.
Les villages détruits, les familles séparées, les réfugiés, les prisonniers de guerre, les femmes capturées… Tout cela correspond bien à ce que les chroniques racontent de cette guerre. De même que les désaccords entre les responsables de Joseon. Parmi tous les dramas de cette époque, il fait partie de ceux qui montrent le mieux l’impact d’un évènement historique sur la vie des gens du peuple.

Queen In-Hyun’s man
Derrière ce drama se cache l’un des épisodes politiques les plus célèbres de Joseon ! Si vous ne l’avez pas vu, je vous le recommande chaudement, ce dit en passant ! 😉 Car au-delà des histoires de voyage dans le temps, la reine In-Hyun a réellement existé. Et elle fait partie des plus connues de Joseon !
La rivalité entre elle et la concubine Jang Hee-Bin, la destitution de la reine In Hyun puis son rétablissement, tout cela est historiquement exact. Evidemment, les circonstances qui l’entourent sont fictives, mais le fond est vrai ! Et cette rivalité a inspiré une quantité impressionnante d’œuvres coréennes au fil des siècles.
De même, les luttes entre les factions Noron et Namin mentionnées dans la série sont vraies. A cette époque, Joseon est profondément divisé entre plusieurs groupes politiques qui cherchent à avoir une influence sur le roi. On assiste donc à des purges, des exils, des destitutions… Comme dans la série !
The red sleeve
Ce drama s’appuie sur des éléments directement mentionnés dans les archives de Joseon. Yi San (le futur roi Jeong-Jo) a réellement existé et est un roi très célèbre de Joseon. Il a régné de 1776 à 1800.
L’héroïne est inspirée de Seong Deok-Im, qui a réellement vécu au palais, est vraiment devenue la favorite du roi et plus tard la mère de son fils, le prince Mun-Hyo. Il semble également historique qu’elle ait refusé à plusieurs reprises la proposition du roi de devenir sa concubine.
De plus, le quotidien des dames de cour est fidèle à la réalité quand il illustre leur manque de liberté, leur dépendance au pouvoir royal ainsi que leurs règles de vie très strictes.
Et vous savez quoi ? Le prince Sado et le traumatisme de Jeong-Jo sont réels ! Le prince héritier Sado est réellement mort enfermé dans un coffre à riz sur ordre de son propre père, le roi Yeong-Jo !

Rookie historian Goo Hae-Ryung
On se retrouve ici dans le quotidien des historiens de la cour royale, mais sous le règne d’un roi complètement fictif. En effet, ces fonctionnaires étaient chargés de consigner chaque évènement important du royaume dans des archives. Ce qui fait que les archives de Joseon font aujourd’hui partie des plus complètes au monde !
En revanche, il n’est pas exact que des femmes aient été appelées à occuper ce poste. Les historiens étaient des fonctionnaires masculins recrutés par un système d’examen (observé dans le drama) mais les femmes n’y avaient pas accès.
Et détail très surprenant ! Il est également exact que même le roi n’était pas autorisé à consulter les notes préparatoires des historiens et les Annales une fois compilées. Le but était de conserver l’Histoire intacte, et qu’aucune pression ne soit mise sur les historiens pour modifier les faits au profit de tel ou tel roi. Fascinant, non ?

Mr Sunshine
Impossible de ne pas citer Mr Sunshine, qui marque la fin d’une ère. L’histoire se déroule entre 1871 et 1905 environ. On constate dans le drama la dure réalité de l’époque : la Corée est menacée par les puissances étrangères qui cherchent à étendre leur influence en Asie. Donc la péninsule devient le théâtre des rivalités internationales.
L’expédition américaine contre Joseon en 1871, qui sert de point de départ à la série, est bien réelle. Les groupes de résistants appelés ‘armées vertueuses’ ont également existé. Ils étaient composés de paysans, d’érudits, d’anciens soldats et de citoyens ordinaires qui luttaient tant bien que mal contre l’influence japonaise croissante.
L’ambiance tendue et instable qui règne dans la série s’inspire de faits réels car la fin de Joseon était une période extrêmement instable (coups d’état, assassinats, interventions étrangères, rivalités entre factions). Même si le drama s’arrête avant l’annexion officielle de la Corée par le Japon en 1910, on peut y observer la perte progressive de l’indépendance qui y a mené. Et c’est vraiment très intéressant historiquement !

Mais aussi…
- Flower crew, Joseon marriage agency : le métier de marieur professionnel existait réellement dans la Corée de Joseon.
- XVIe siècle :
- Jewel in the palace / Dae Jang Geum : cuisine royale, médecine traditionnelle coréenne, vie des servantes au palais
- Legend of the blue sea : le personnage de Kim Dam-ryeong est inspiré d’un magistrat mentionné dans les archives historiques de Joseon.
- XVIIe siècle :
- My love from the star : les scènes historiques permettent de voir l’importance accordée à l’astronomie à la cour royale. La peur des phénomènes célestes à Joseon est historiquement crédible. Les astronomes royaux étaient très importants
- XVIIIe siècle :
- Haechi : arrivée au pouvoir du roi Yeong-Jo, l’un des souverains réformateurs de Joseon
- Daebak : inégalités sociales, vie populaire en dehors du palais
- Yi San : réformes, modernisation
- XIXe siècle :
- Mr Queen : faiblesse pouvoir royal, Joseon en déclin, roi Cheol-Jong a vraiment existé
L’époque moderne
Pachinko
Le Pachinko, c’est quoi ? Tout simplement un jeu mécanique très populaire au Japon, à mi-chemin entre le flipper et la machine à sous.
Mais pourquoi le Japon dans un article sur l’Histoire coréenne ? Parce qu’on arrive ici en pleine occupation japonaise (1910 – 1945), et dans une partie méconnue de cette époque, à savoir la migration des coréens vers le Japon.
Certains partaient chercher du travail, d’autres étaient recrutés ou déplacés dans le cadre de l’effort économique japonais. Le terme Zainichi Koreans désigne les descendants de migrants coréens arrivés au Japon pendant cette période coloniale.
La ségrégation qui existait à l’époque est très bien représentée dans la série. Face à cette discrimination dans le monde du travail, beaucoup de coréens vivant au Japon se sont tournés vers des secteurs où ils pouvaient créer eux-mêmes leur activité, notamment les salles de pachinko. C’est donc un aspect historique très important dans le drama. Les coréens ont fini avec le temps par posséder une part très importante de l’industrie japonaise du pachinko.
Chicago typewriter
Ici, nous ne parlons pas de fuite face à l’occupation mais de résistance ! Ces mouvements d’opposition présentés dans la série ont réellement existé, même si le groupe en question est fictif. Les coréens ont distribué des tracts, publié des journaux clandestins, organisé des manifestations…
La série insiste beaucoup sur les écrivains, et c’est historiquement très pertinent car la littérature a permis de préserver l’identité coréenne, mais aussi de critiquer indirectement l’occupation. La langue coréenne était aussi devenue un enjeu politique car les japonais imposaient progressivement des restrictions sur son usage dans les écoles et les administrations.
La censure était également bien réelle : les autorités surveillaient les publications et pouvaient en interdire. Donc le fait que les personnages du drama doivent cacher leurs activités et leurs écrits est fidèle à la réalité. De même que le fait de pousser les coréens à adopter des noms japonais.

La vie portera ses fruits
Ou When life gives you tangerines pour les plus anglophones d’entre nous !
Outre l’aspect culturel incontournable de ce drama qui parle beaucoup des plongeuses de Jeju, les Haenyeo, il aborde aussi fidèlement la grande pauvreté de la Corée d’après-guerre (années 50 – 60).
On constate également l’évolution de la société coréenne en termes de mentalités, notamment dans la place qu’occupaient les femmes. Le contraste entre la vie de la mère, de la fille, puis de la petite-fille nous enseigne beaucoup sur la progression de toute une culture.
Mais cette série raconte aussi l’histoire de la modernisation de la Corée au fil des années. Et elle mentionne à juste titre les élections truquées de mars 1960 qui ont contribué à la chute du président !

Youth of may
Ce drama met en lumière un évènement très marquant dans l’Histoire coréenne moderne, à savoir le soulèvement de Gwang-Ju. A cette époque, la population commence à s’insurger contre son gouvernement autoritaire. Mais les choses tournent mal en mai 1980 dans la ville de Gwang-Ju. Au-delà d’un simple mouvement étudiant, les habitants de la ville ont réellement participé à cet affrontement en rejoignant les manifestations, en transportant les blessés ou en organisant l’entraide entre citoyens.
Les manifestations, les arrestations, les violences militaires et les civils pris dans les affrontements sont tous des faits historiques venus construire le contexte de ce drama. Aujourd’hui, cet épisode est considéré comme l’un des plus marquants dans la lutte pour la démocratie coréenne.
Snowdrop
Mention spéciale pour Snowdrop qui rejoint un peu Perfect Crown dans les dramas polémiques car il a aussi fait parler de lui !
Mais prise d’otages est totalement fictive, bien sûr. Mais le contexte politiquement tendu est tout à fait historique, de même que le pouvoir important que détiennent les services de sécurité dans le drama. De plus, les manifestations et mouvements contestataires étudiants étaient effectivement fréquents. De nombreux jeunes réclamaient davantage de libertés politiques.
Dans la série, on fait connaissance avec l’ANSP, l’ancêtre du service de renseignement sud-coréen. Celle-ci a été historiquement accusée de surveiller les opposants, de fabriquer certaines accusations et d’utiliser la torture lors des interrogatoires. C’est un sujet très sensible en Corée.
Et c’est là que le drama a fait polémique, car dans les années 80, le régime militaire accusait régulièrement les étudiants contestataires d’être manipulés par la Corée du Nord. Or, dans Snowdrop, le héros est réellement un espion nord-coréen ! Un peu comme si on montrait que les accusations du régime militaire contre les militants démocrates étaient finalement un peu fondées ! ^^’ Cela n’a pas plu à tout le monde lors de la sortie du drama…
Twenty five twenty one & Typhoon family
Ces 2 dramas illustrent très bien la crise financière qu’a connue la Corée en 1997. Le pays se retrouve dans une situation si désespérée qu’il est obligé de demander une aide financière internationale via le FMI, ce qui est vécu comme une humiliation nationale.
Cette situation entraine de nombreuses faillites d’entreprise, du chômage massif, des familles ruinées et endettées… Ce qu’on peut observer dans la vie du personnage de Baek Yi-Jin dans Twenty five twenty one.
On y assiste aussi dans Typhoon Family sous un angle différent : l’impact que cette crise a eu au sein d’une entreprise de l’époque. On constate à quel point la faillite d’une compagnie ou ses difficultés économiques pouvaient en impacter d’autres, et combien il fallait se battre pour s’en sortir dans ce contexte.
D’autres dramas ont cette crise historique en toile de fond, notamment Reborn Rich, Reply 94, Reply 97 et La vie portera ses fruits.

Mais aussi…
- Bridal mask : certains coréens ont réellement pris les armes face à l’occupation japonaise
- Reply 88 : comment les JO de Corée ont été vécus comme une fierté nationale
- Weightlifting fairy : inspiré d’une vraie athlète Jang Mi-Ran, l’une des plus grandes haltérophiles de l’histoire de la Corée du Sud, fille d’un haltérophile aussi.
- Lovely runner : la victoire de l’équipe coréenne de baseball aux JO de Pékin en 2008 après un parcours sans défaite
- Crash landing on you : les villages ruraux du Nord, les coupures d’électricité, la surveillance politique et les différences de niveau de vie avec la Corée du Sud
Fascinante cette Histoire coréenne, non ? Comme quoi, même devant Netflix ou autres plateformes de streaming, vous enrichissez aussi votre connaissance de cette culture sans même vous en rendre compte !
Et vous, qu’est-ce que vous avez découvert dans cet article que vous ne saviez pas être véridique ? 😊

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